Résolution n° 1 votée lors du congrès de juin 2018

Résolution n° 1

FAIRE ENCORE PROGRESSER LA SYNDICALISATION DANS NOS BRANCHES : UN ENJEU CAPITAL POUR GAGNER UNE FORCE CAPABLE DE DEVELOPPER LES LUTTES AFIN DE FAIRE AVANCER LE PROGRES SOCIAL

Notre fédération a toujours combattu en faveur de la sécurisation des emplois et luttera davantage encore contre toutes les nouvelles conditions qui au contraire sécurisent les licenciements. Pour cela, il faut partout une CGT forte et active.

C’est dans cet état d’esprit que ce 11ème congrès fédéral sera un moment démocratique important pour décider, pour définir et adopter collectivement et prioritairement des mesures concrètes et appropriées pour améliorer la syndicalisation. Il y a lieu de souligner que nos efforts entrepris sur ce sujet demeurent insuffisants. Il y a urgence à se fixer le cap d’une démarche de progression comportant des objectifs chiffrés et mesurables pour réussir à corriger nos faiblesses dans ce domaine. La moyenne des résultats de mesure d’audience syndicale de nos branches (THCB), nous placent en tête avec un score de 30.66% devant la CFDT à 22.46%, ce qui est un élément essentiel. Cependant, la situation fait ressortir les faiblesses que nous avons collectivement à mettre en application un plan de syndicalisation efficace pour syndiquer davantage les salariés.

  • Contre les reculs du droit du travail, il nous faut développer un syndicalisme de résistance

Le droit du travail continue d’être détérioré par une succession de lois et de décrets qui ont modifié en profondeur les règles de la représentativité des syndicats dans les entreprises. C’est dans ce contexte difficile que nos forces syndicales devront davantage se renforcer pour évoluer efficacement. Les ordonnances Macron, dans la continuité des lois El Khomri ont inversé la hiérarchie des normes et ont porté un coup grave au code du travail. La fusion des IRP s’est élargie au CHSCT pour devenir le conseil social et économique (CSE). Les règles en matière de négociation obligatoire en entreprise avaient déjà connu quelques modifications avec la loi REBSAMEN en 2015 par accord collectif majoritaire. Mais aujourd’hui, elles le sont davantage depuis septembre 2017 avec l’ordonnance relative au renforcement de la négociation collective, qui réforme le Code du travail, en facilitant désormais la conclusion d’accords collectifs en l’absence de délégué syndical. Cela offre la possibilité à certaines entreprises de conclure un accord collectif directement avec les salariés, par la voie du référendum. À présent, il nous faut retenir que la loi impose un taux de représentativité de 50% au lieu de 30%, pour considérer que la signature d’un accord par un syndicat soit valable. C’est dire l’importance des coups portés contre le syndicalisme.

Les entreprises de nos branches n’échapperont pas à ces bouleversements. Il faut donc dès à présent, des syndicats puissants et majoritaires pour résister à ces changements. Force est de constater que le recensement de nos bases syndicales fait ressortir une quantité importante de syndicats d’élus sans pratiques syndicales. Continuer à tolérer leurs existences sans agir pour modifier cette situation, c’est accepter ces reculs. Cela n’est plus acceptable. Laisser les choses en l’état, c’est se résigner à admettre nos faiblesses, et la baisse de 10% de syndiqués de notre fédération à la fin de l’exercice de l’année 2016 par rapport à 2012. Il est donc nécessaire de nous orienter collectivement vers un redressement progressif pour atteindre un objectif de 5000 syndiqués. La syndicalisation, c’est aussi l’affaire de tous les militants de nos branches. Il appartient donc à chacun d’y contribuer à sa façon, dans son entreprise. Il est inutile de rappeler que cette démarche ne doit exclure aucune catégorie professionnelle. Ouvriers, employés, techniciens, cadres et retraités, toutes et tous doivent pouvoir naturellement, trouver leurs places dans notre fédération pour contribuer à la renforcer, ceci afin d’agir partout sur le terrain.

Les luttes pour le progrès social se gagnent en premier lieu dans les entreprises. Par conséquent, il faut intensifier nos efforts de syndicalisation dans nos branches et de formation de nos militants, mais aussi s’améliorer pour faire progresser nos moyens de communication aux salariés y compris celles où la CGT n’est pas implantée. Ces enjeux sont capitaux. Il faut fournir une communication simple, compréhensible et une présence de terrain permanente pour que les salariés appréhendent mieux les aspects de ces nouvelles règles réformant le code du travail et pour qu’ils adhèrent à nos actions syndicales. Nos objectifs de syndicalisation doivent aussi être orienté vers les entreprises où il n’y a pas de bases syndicales pour en créer de nouvelles, mais aussi renforcer leurs parrainages permanents par nos syndicats THCB régionaux et départementaux. Consolider leur enracinement dans l’entreprise par la pratique syndicale doit être une priorité. La fédération est constamment engagée dans une réflexion sur l’outil syndical le plus efficace et le plus en lien avec les salariés, c’est la raison pour laquelle notre site fédéral continue de s’améliorer en matière de communication afin de fournir à nos bases syndicales de l’information en continu pour favoriser les échanges et le partage des connaissances respectives de nos militants. Avec ce site, les équipes doivent trouver de nouveaux outils techniques et pratiques (applications, simulateur, etc…) Il faut accentuer nos efforts collectifs et optimiser nos actions au plan de la structuration syndicale. C’est une priorité et un engagement pris lors de notre 10e congrès. La fédération maintiendra un haut degré d’attention à tous nos militants pour leur fournir en tout point, l’aide indispensable à leurs besoins.

Aussi pour lui permettre d’optimiser ses actions dans ce sens, la fédération s’est renforcée en se dotant de ressources supplémentaires. Le plan de syndicalisation fédéral déjà en place continue de progresser pour être plus opérationnel et fournir l’aide nécessaire pour s’améliorer syndicalement, aux petites comme aux grosses structures syndicales. Il permet de mesurer les progrès de nos syndicats mais aussi de les aider à corriger leurs défaillances en matière de syndicalisation d’une manière constructive. Les outils et les méthodes de ce plan de syndicalisation seront aux services de nos syndicats pour mieux les servir et les accompagner dans leurs démarches de syndicalisation.

  • Des évolutions industrielles qui ouvrent des possibilités intéressantes pour élever le taux de syndicalisation dans nos branches

Contrairement aux idées reçues sur nos industries en France, la progression permanente de certains secteurs d’activités de nos branches en matière d’innovation, continue de fournir des champs d’applications à de nouveaux matériaux tel que le composite et le carbone. Pour plusieurs filières textiles très actives dans le domaine du médical, de l’aéronautique, du balistique, de l’aérospatiale, du nautique, du bâtiment, et de l’automobile, les progrès technologiques sont nombreux dans plusieurs de nos branches. C’est le cas aussi avec l’utilisation de la découpe laser dans l’industrie de la chaussure, ou dans l’habillement avec l’apparition récente des équipements de protection individuelle connectés de très hautes performances (gilets équipés de capteurs, chaussures de sécurité géolocalisées), conçus pour améliorer la sécurité des chantiers dans le domaine du bâtiment. Il ne faut pas non plus oublier la naissance d’articles textiles « intelligents » captant l’énergie, transmettant des informations d’ordre physiologique, aux vertus curatives ou à mémoire de forme…, qui feront partis de nos futurs besoins de consommation courante. Les créations d’emplois dans ces secteurs vont progresser dans les 10 prochaines années en raison des besoins croissants de ces marchés. Plus que jamais, progresser syndicalement et majoritairement dans les entreprises de nos branches, c’est devenir l’interlocuteur incontournable en matière de dialogue social sur tous les sujets stratégiques de leur avenir.

  • Construire des syndicats qui fédèrent nos adhérents et nos militants

Compte tenu des exigences impératives dictées par un contexte actuel dégradé, le droit social doit à tout prix être développé en s’appuyant sur la résistance de nos forces syndicales, La syndicalisation, qui est un élément essentiel pour la construction du rapport de force, doit progresser durablement. Aussi, les syndicats du THCB ont décidé de s’engager à :

- Contribuer à mener collectivement une campagne de sensibilisation pour inciter chacun de nos militants à s’impliquer pour atteindre l’objectif de 5000 syndiqués pour la fin de ce mandat.

- Appliquer les mesures appropriées et à participer activement à la réduction du nombre de syndicat d’élus en mettant en œuvre des actions concrètes pour atteindre un taux supérieur à 10% de ces syndicats, en les aidant à faire progresser le nombre de syndiqués dans leurs entreprises.

- Atteindre l’objectif d’un minimum de 80% de syndiqués à la pratique du prélèvement automatique et atteindre partout le taux de cotisation de 1%. Pour mettre en œuvre les orientations décidées, l’implication des syndiqués est essentielle, mais cela ne peut se faire sans moyens financiers. Tous les syndicats doivent donc mener une bonne politique financière. Les syndiqués doivent être régulièrement sensibilisés à ces questions.

La direction fédérale soumet ce projet de résolution à chacune de nos bases organisées pour permettre à toutes et à tous dans chaque organisation, de débattre, de proposer et d’amender ces résolutions qui seront proposées lors de notre prochain congrès fédéral.

Il s’agit de créer les conditions d’une CGT plus forte dans nos branches pour être plus actif sur le terrain, dans les luttes et pour faire avancer la démocratie et le progrès social. L’avenir de notre syndicalisme dépend, dans notre fédération, de l’engagement de tous