Résolution n° 2 votée lors du congrès de juin 2018

Résolution n° 2

Pour être forte et active, l’industrie doit se nourrir du social

Dans nos branches du THCB, aussi bien que dans les autres secteurs industriels, la politique du patronat et des gouvernements successifs a mis à mal l’emploi par les délocalisations intensives, les ventes de secteurs entiers ou par l’essaimage de productions un peu partout dans le monde. Ces stratégies essentiellement financières ne recherchent que le profit à court terme tout en bénéficiant, par ailleurs, des exonérations massives de cotisations sociales. Ces sommes colossales qui devraient servir à l’emploi, la formation, les salaires, l’embauche sont détournées de leur but. Le patronat empoche des milliards d’euros d’aides diverses accordées aux entreprises sous couvert de compétitivité. Le CICE, le pacte de responsabilité, les accords de compétitivité, la loi El-Khomri et maintenant les Ordonnances Macron concourent à cela sans aucune contrepartie sur le plan social. Cela contribue, au contraire, à diminuer les salaires, à supprimer des acquis issus de la lutte des salariés, à fragiliser la protection sociale. Cette gestion ultralibérale est contraire à l’intérêt des industries, des salariés, du pays. Chaque élu CGT doit connaître le montant des aides publiques allouées aux employeurs afin de les porter à la connaissance des salariés de l’entreprise.

La fédération Textile Habillement Cuir Blanchisserie CGT souligne l’importance de se réapproprier la bataille pour l’industrie française en lien avec le développement des acquis sociaux, ceci pour mettre fin à la chute de l’emploi. Plutôt que de multiplier les cadeaux au patronat, il faut, au contraire, valoriser le travail, augmenter les salaires, développer la formation et, en même temps, développer la recherche et les investissements productifs.

Nous estimons que notre secteur professionnel a des filières d’exception et une main-d’œuvre très qualifiée. Augmenter les salaires est nécessaire. Les élus d’entreprises de la fédération doivent porter des revendications fédératrices pour tous les salariés.  Cela constitue les atouts principaux de notre industrie. Travailler dans nos secteurs requiert de véritables qualifications qui doivent être rémunérées à leur juste valeur.

L’avenir de nos professions THCB et de ses emplois, dépend fortement de l’existence d’une solide capacité productive sur le territoire national. La nécessité d’enraciner l’industrie dans les territoires nécessite de s’appuyer sur les technologies d’avenir pour assurer un développement durable en liaison avec le développement de l’emploi.

L’industrie doit tenir compte des exigences d’une économie réduisant considérablement les rejets de CO2 et les déchets de toute nature. Elle doit se préoccuper des territoires dans lesquels elle exerce ses activités et dont elle tire richesse et compétences.

  • Se battre pour des industries d’avenir

Nos industries sont dans une phase apparente de stabilité avec des investissements productifs, cette tendance se vérifie dans les branches comme le textile, les cuirs, l’habillement et la blanchisserie. Des usines sont relocalisées et des emplois créés.

Il s’agit de savoir comment la société d’aujourd’hui va passer des activités et des emplois industriels d’hier, souvent menacés, aux activités et aux emplois de demain, plus nombreux, plus qualifiés, plus pérennes. La fédération THCB se doit de coordonner les informations sociales et économiques des entreprises de sous-traitance afin d’interpeller et de mettre la pression sur les donneurs d’ordre. En ce sens, il faut s’opposer à la sous-traitance tous azimuts et responsabiliser davantage les donneurs d’ordre.

Cette perspective de développement durable appelle une vague d’investissements dans la formation et la qualification pour saisir l’opportunité de ces métiers d’avenir. Le développement de la recherche et de l’innovation technologique doit s’appuyer impérativement sur le social.

Parler d’industrie, c’est parler de « réponse aux besoins », de coopération en lieu et place de la concurrence, nous avons besoin de recherche de nouvelles technologies, mais aussi de garanties collectives, de formation initiale et continue, de qualification reconnue, de diminution du temps de travail, de sécurité sociale professionnelle, de nouveau statut du travail salarié, de droit d’intervention des salariés et de leurs syndicats dans les entreprises. Il s’agit de mettre en place un statut social qui respecte le salarié et qui vise à son bien-être sur les lieux de travail. C’est un réel atout pour la compétitivité des territoires et des industries elles-mêmes.

  • La cohérence économique et sociale doit être globale, elle crédibilise nospropositions, notre analyse et notre action.

Dans une période où le chômage ne diminue pas dans notre profession, il est urgent de desserrer l’étau de la finance et de la mettre au service de l’industrie et sûrement pas l’inverse. Il faut donner des perspectives à l’ensemble des salariés, des contrats pros et des apprentis, en matière de statut social.

Pour que la société évolue au gré des savoirs et des intelligences, les développements sociaux et économiques doivent se nourrir mutuellement, c’est indispensable.

La France, historiquement renommée pour ses « droits de l’homme » et sa puissance industrielle, est appauvrie par des législations de plus en plus régressives, asservies aux politiques patronales. C’est un non-sens.

Les salariés sont accusés de « coûter trop cher », ils sont culpabilisés quotidiennement, sommés d’accepter la baisse des droits et des salaires au nom de la sacro sainte compétitivité. Le stress, le mal-être, la peur du lendemain, sont très mal vécus par des millions de salariés alors que les profits tirés du travail n’ont jamais été aussi élevés.  Une partie de ces profits doit être utilisée pour améliorer les conditions de travail et la formation des salariés. Pourtant, l’emploi, le social ont besoin d’instances représentatives fortes sur le terrain et au niveau national. Or, les ordonnances et lois successives sont plus que jamais nocives. Ces textes Macron font tomber un à un les acquis et les garde-fous sociaux essentiels. Face à cette nouvelle menace d’une application sauvage de l’économie du marché que veut instaurer le gouvernement actuel, il faut se battre au niveau des branches,  des entreprises ou établissement pour avoir des garanties solides en matière de contrat de travail, de salaires, de plein emploi pour toutes les catégories de salariés. Il faut créer un rapport de force durable pour obtenir de nouveaux droits ainsi que davantage de moyens pour les IRP, cela pour mieux défendre les intérêts des salariés.

Nous pouvons affirmer qu’un pays sans une industrie forte est un pays sans avenir.

L’industrie doit donc se transformer pour répondre aux besoins humains, sociaux et économiques. Il s’agit donc de développer une stratégie industrielle  et sociale sur le long terme. Cela passe par la prise en compte de l’avenir des salariés.