résolution n° 1

La modernisation et les mutations de nos industries doivent être un atout pour le développement de l’emploi

Nos secteurs traditionnels industriels, le textile, l’habillement, la chaussure se stabilisent après deux décennies de fortes turbulences et des dégâts considérables sur le plan de l’emploi, sur le parc industriel national ou encore sur l’image véhiculée sur nos professions. A contrario, certaines branches professionnelles, comme la maroquinerie, le luxe affichent une santé financière exceptionnelle et ce, malgré la crise. Hermès, Vuitton continuent leur insolente ascension sur les ventes et les marges. La marque de fabrique « Made in France » et le savoir-faire des salariés permettent le développement de l’emploi dans nos territoires pour les donneurs d’ordre, comme pour leurs sous-traitants. Quant au secteur de la blanchisserie, il subit actuellement des repositionnements importants dans les trois principaux groupes Elis, BTB et RLD. Enfin, des niches d’emplois pourraient se développer suite aux nombreuses tendances qui se révèlent. Selon certaines études prospectives, il paraît incontestable que la personnalisation et le développement durable joueront demain un rôle plus fondamental encore sur le comportement des individus. Il faut entendre ici toute une série d’aspirations individuelles nouvelles, non seulement écologiques et environnementales, mais aussi sociales, éthiques (« made in France » ou « made in territoire » par exemple). Il faut réfléchir aux modifications de la consommation, à l’émergence de nouveaux produits. Certaines entreprises ont déjà anticipé ces nouvelles évolutions avec l’affichage de labels comme « Vosges terre textile » ou « la dentelle de Calais ». Cette transformation aura, à moyen terme, un impact majeur sur la distribution et donc sur l’industrie, en obligeant les entreprises à transformer leur conception en matière de direction, de management, leurs modèles et leurs process. Nous devons, nous aussi, saisir ces évolutions, mieux former nos militants afin qu’ils aient les données essentielles pour mener les batailles syndicales sur l’avenir de nos industries en France. En parallèle, une véritable révolution technologique peut submerger les textiles : nouvelles performances techniques, nouvelles fonctionnalités, nouvelles sensorialités, nouvelles applications. Le textile va évoluer de multiples façons pour offrir de nouvelles libertés à l’habillement et à de nouveaux univers, comme les textiles techniques. La fédération textile habillement cuir blanchisserie a bâti sa stratégie, depuis des décennies, sur la nécessité de développer nos industries et l’emploi en France. Nos batailles syndicales doivent à la fois permettre de peser sur le développement des emplois dans nos régions, comme cela a été le cas dernièrement chez Lejaby ou Porcher Industrie . Elles doivent aussi faire évoluer les compétences, mais aussi les salaires, les droits, la formation professionnelle et la sécurisation des parcours professionnels de tous les salariés de nos professions. La relocalisation de nos industries et de nos marchés publics doit être de nouveau exigée dans notre bataille pour produire en France. Si le Président de la République, François Hollande, le gouvernement, le ministre de l’Industrie font de l’emploi la priorité des priorités, alors nos marchés publics pour habiller l’armée, la gendarmerie, La Poste, la SNCF, etc… doivent être attribués et produits en France. Les Etats-Unis privilégient leurs marchés publics, pourquoi pas nous ? Les milliards d’euros lâchés au patronat à travers le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE) ou le pacte de responsabilité doivent servir à l’investissement, à l’emploi en France et non aux marges des entreprises ou aux dividendes des actionnaires qui font produire à l’étranger, là où les salariés n’ont pas de garanties sociales et des bas salaires. En même temps que nous menons la bataille pour produire en France, nous devons nous attacher à développer la solidarité internationale avec les peuples exploités dans leurs « terres » et avec les syndicats qui les défendent. Nos batailles pour produire et créer de l’emploi en France doivent mettre en avant la nécessité de réglementer la sous-traitance trop souvent utilisée pour dégrader les conditions de travail, l’emploi, les droits des salariés. Une réglementation veillant à des rapports sains entre sous-traitants et donneurs d’ordres s’avère urgente. Produire en France nécessite parallèlement de dénoncer la stratégie de la grande distribution française, européenne et des centrales d’achats qui inondent le marché de produits importés à bas coût pour faire davantage de profits. Taxer ces produits importés à la porte de l’Europe s’avère utile pour mieux rétablir une concurrence saine et protéger l’emploi. Au plan syndical, nous devons développer davantage nos campagnes d’informations aux consom-mateurs afin de sensibiliser davantage l’opinion publique sur la stratégie de ces grands groupes commerciaux et sur les conséquences que de telles stratégies engendrent sur l’emploi et le statut des salariés de nos industries. Une autre exigence fédérale s’enracine également, c’est de travailler dans de bonnes conditions dans nos entreprises. Combattre les conditions de travail dégradées, combattre les performances trop individuelles et les gaspillages de temps perdu mis en place par les patrons à travers le concept du « Lean management » est nécessaire. Notre bataille pour l’amélioration des conditions de travail s’avère incontournable. Nous devons pousser au développement de droits nouveaux pour les CHSCT. Les enjeux de mutations et de modernisation de nos industries doivent être un atout au développement de l’emploi en France et à l’émancipation des salariés si le syndicalisme s’en empare fortement. C’est pourquoi la fédération exige dès maintenant des grilles de classifications, de coefficients et de salaires partout dans nos entreprises, en fonction de leurs spécificités, afin de reconnaître les réelles compétences des salariés et de faire en sorte que les salaires soient à la hauteur de la qualification reconnue des salariés. Cela doit être reconnu dans les conventions collectives professionnelles. Nous devons par ailleurs encourager les entreprises qui jouent le jeu, qui développent la production et l’emploi en France. Plus que jamais, nos combats syndicaux doivent mener de paire la lutte pour l’investissement, l’innovation, la mutation, la modernisation de nos entreprises et pour la revalorisation du statut des salariés de nos industries.