résolution n° 2

Structuration du textile habillement cuir blanchisserie cgt sur le terrain : du nouveau est nécessaire

Renforcer l’action et l’efficacité de la fédération

La situation de nos branches professionnelles a fortement évolué depuis les années 2000. En une grosse décennie, nos entreprises se sont fortement transformées. Beaucoup de grands groupes comme Levis, Bata, Myrys, Rouleau Guichard, Jourdan, Rhône-Poulenc, Pindière, ECCE, SCA, Devanlay se sont délocalisés. Si des secteurs entiers comme l’industrie de la chaussure ou de l’habillement se sont effondrés, d’autres comme les blanchisseries, la maroquinerie, le textile technique sont en plein développement. Nos branches professionnelles n’ont peut-être pas fini leur mutation. Nous mesurons chaque année que les entreprises qui se créent sur notre territoire sont de plus petite taille. Il est normal que la répartition des entreprises selon leurs effectifs se modifie donc. Il y a aujourd’hui 8.571 entreprises pour 180.000 salariés. En 2012, sur les 180.000 salariés de nos professions, nous mesurons qu’environ 130.000 travaillent dans des entreprises de plus de 11 salariés. Cela n’a plus rien à voir avec les groupes que nous avons connus. C’est la même chose pour les différentes catégories socioprofessionnelles. 131.400 salariés sont des ouvriers ou employés, 48.600 des agents de maîtrise ou cadres. Enfin, nos professions évoluent aussi vers la masculinité. 61 % sont des femmes pour 39 % d’hommes, elles étaient encore 70 % au début des années 2000. Avec 65.214 salariés, le textile est la branche la plus importante de nos professions, suivie de l’habillement avec 41.932 salariés, l’entretien textile avec 28.316 salariés et la maroquinerie avec 17.889 salariés. Nous avons donc perdu plus de 50.000 salariés depuis les années 2000. Le phénomène le plus marquant, c’est qu’en 10 ans, le nombre de salariés travaillant dans des entreprises de plus de 200 salariés a été divisé par deux. L’évolution et l’analyse des chiffres de nos branches industrielles évoqués ci-dessus doit nous interroger sur l’efficacité pour développer la Cgt au plus près des salariés. Nos branches bougent, la fédération Thcb Cgt doit donc bouger aussi. Nous souffrons d’une absence de syndicats forts ou de sections syndicales Cgt dans les PME. Nous ne baissons pas les bras pour les entreprises de moins de 10 salariés, mais il faut constater que c’est particulièrement difficile de mettre en place des syndicats Cgt ou des sections dans la durée, de faire émerger des militants qui soient en capacité de mener, avec très peu de moyens, une activité Cgt régulière. Il n’en est pas de même pour les entreprises de 50 à 200 salariés, voire davantage et pourtant, notre faiblesse, là aussi, est préjudiciable à l’activité d’ensemble de la fédération. Beaucoup trop de syndicats en place, ayant déposé des statuts ou non, végètent avec moins de 20 syndiqués, voire moins de 10 syndiqués dans de nombreux cas. Ces syndicats ont une activité étriquée, peu en phase avec les salariés eux-mêmes, le nombre de militants y est réduit, souvent mal formés, ils sont repliés sur eux-mêmes, parfois sans aucun contact avec les syndicats Cgt Thcb dynamiques qui sont à proximité, avec leurs UL ou leurs UD. Chacun travaille souvent dans son coin sans élan d’ensemble, en essayant de faire du mieux possible. Force est de constater aussi que ce fonctionnement réduit le collectif de travail et la vie syndicale. C’est pourquoi lors du 49e congrès de la Cgt, les congressistes ont modifié le périmètre du syndicat pour adopter une résolution qui poussait vers un syndicalisme d’adhérents, tourné vers des syndiqués plus nombreux dans les syndicats. Cette situation a amené le bureau fédéral et la CE fédérale à réfléchir pour aider ces structures syndicales et ces militants à prendre une autre dimension syndicale. Un syndicat de moins de 20 syndiqués peut-il continuer à être en syndicat, isolé des autres ? Ne vaut-il pas mieux regrouper nos forces localement, sur un territoire ou départementalement pour créer des syndicats locaux ou départementaux qui regrouperaient tous ces syndicats où l’activité mérite d’être déployée ? Ce type de réflexion n’est pas nouveau, nous l’avons eu dans la fédération et dans la Cgt lors des dernières décennies. Cela étant, les chiffres de nos branches industrielles analysés ci-dessus montrent que cela bouge, il faut donc en tenir compte dans notre activité syndicale et pour les décisions que nous avons à prendre.

Que faut-il faire ?

Nous pourrions, avec l’accord du congrès et donc des syndicats concernés, considérer qu’un syndicat de moins de 20 syndiqués ne peut pas être un syndicat, mais une section syndicale rattachée systématiquement à un syndicat local, territorial ou départemental que l’on créerait ensemble. Nous voulons créer des contacts, favoriser les réunions, dynamiser les débats pour créer une émulation syndicale saine et démocratique entre toutes et tous. Pour qu’elle soit efficace, nous pensons qu’il faudrait rendre systématique, voire obligatoire cette démarche : en dessous de 20 syndiqués on ne peut plus être en syndicat d’entreprise, mais forcément en section syndicale.

Le changement de structure ne règle pas tout, loin s’en faut

Il ne suffit pas de changer l’appellation de la structure pour que cela règle les problèmes d’efficacité. Si nous voulons rassembler les moins de 20 syndiqués en sections syndicales et non en syndicat isolé, c’est pour donner une dynamique de débat, de renforcement et d’action avec une vraie direction syndicale qui impulse l’activité syndicale. Un effort beaucoup plus important doit être fait par la fédération en matière de formation massive de nos militants de terrain. Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons mettre sur pied une politique fédérale de cadres syndicaux dynamique qui permettra la prise de responsabilités d’un plus grand nombre au sein de ces syndicats locaux ou départementaux ou au sein de la fédération elle-même. Un syndicat local ou départemental a besoin d’un collectif humain qui communique, qui dirige, qui oriente, qui décide. Nous ne pouvons pas laisser ces syndicats locaux ou départementaux être dirigés par un ou deux camarades, toujours les mêmes, parfois même par des retraités, parce que c’est plus facile pour tout le monde ou parce que l’on n’a pas le choix. Le changement de structure ne règlera pas cela, il nous faut mettre sur pied une formation syndicale plus massive de nos militants et mettre en place des collectifs de direction : secrétaire général, trésorier, responsable juridique et assurer plus collectivement les permanences hebdomadaires ou mensuelles selon les cas. Il est utile que tous les camarades qui sont aujourd’hui dans les syndicats de moins de 20 syndiqués comprennent que la réflexion du bureau fédéral et de la CE fédérale vise à les aider, à développer l’animation de la Cgt pour qu’elle soit plus efficace et surtout plus proche des salariés eux-mêmes. Il s’agit bien entendu de ne culpabiliser personne, mais au regard des chiffres en syndiqués et des évolutions de nos branches industrielles, nous devons réfléchir et surtout agir collectivement pour le bien de la fédération tout entière et surtout pour être plus efficace dans la défense des intérêts des salariés de nos branches. C’est en effet notre mission, elle est précisée dans nos statuts. La fédération, avec les UD, les UL aidera à mettre en place, étape par étape, ces structures nouvelles et les équipes qui les dirigeront. C’est la mise en place d’un processus qui s’effectuera dans le temps, un travail de longue haleine qui demandera de la patience et beaucoup de démocratie, car la fédération ne veut en aucun cas prendre des décisions qui ne seraient pas partagées par toutes et tous. C’est pourquoi elle souhaite en débattre dans la préparation du congrès fédéral prochain. Certes, c’est plus « facile » de construire un syndicat local dans une grande ville plutôt que là où ces syndicats sont isolés, loin des grandes villes, parfois coupés aussi de leurs UL ou UD. Le syndicat Thc ou Thcb Cgt départemental peut alors mieux correspondre à la situation géographique du terrain.

Des expériences existent :

A Roubaix, Lille, Armentières, Tourcoing, Troyes, Roanne, St Etienne, etc… il y a déjà une culture de structure locale qui, parfois, fonctionne déjà, composée de 10, voire 20 sections syndicales rattachées au syndicat local. Cela devrait aider. En même temps, certains syndicats d’aujourd’hui éparpillés, loin de tout, peuvent, eux aussi, trouver une structure professionnelle adaptée, c’est par exemple le syndicat départemental Thcb. Cela fonctionne déjà avec succès dans certains départements, tels la Haute-Loire. Pour ce qui est des syndicats de plus de 20 syndiqués qui fonctionnent actuellement, ils continueront leur travail normalement, mais ils doivent aider ces camarades et la fédération à la mise en place de ces nouvelles structures locales ou départementales. Une coordination du travail syndical d’ensemble est nécessaire là où elle ne fonctionne pas, car elle est un vecteur de l’activité syndicale. Il s’agit de coordonner nos activités tous ensemble pour être plus efficaces.

Le congrès doit en débattre et décider

C’est le congrès fédéral qui décidera de toutes les évolutions à programmer dans les prochaines années. Ce débat doit faire partie de sa préparation. Vous avez sûrement un avis, nous le sollicitons pour mesurer ce qui est possible de mettre en œuvre et dans quel délai imparti ! Ce projet sera en débat dans toutes les structures Thcb Cgt, il n’est pas bien sûr tranché. La fédération a besoin de vos expériences, de vos avis éclairés, de ce qui bloque éventuellement, de ce qui est possible de construire là où vous êtes. La Commission Exécutive Fédérale.