Yssingeaux : la lutte des ex-Lejaby sur les planches

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L’Eveil, 30/11/14

La compagnie Nosferatu a joué les premières représentations de « A plates coutures ». Une pièce écrite par Carole Thibault qui s’est inspirée de la lutte des ouvrières Lejaby à Yssingeaux pour créer une pièce de théâtre de société sur les usines qui ferment et délocalisent. La mise en scène est signée Claudine Van Beneden. La prénombre et une petite voix fluette. Une voix qui devient douce en murmurant une enfance à la campagne.

Qui parle de princesse oubliée là, de petites filles sans grands rêves en somme. Une faible lumière rouge éclaire en contre-jour le corps d’une femme qui semble être en sous-vêtements. Un autre spot dessine le contour d’un autre corps féminin à côté. Quatre silhouettes de femmes dansent avec le cadencé des filles de cabaret.
La lumière s’éteint et laisse place à des vidéos qui sont projetées sur un mur. Ce sont des séquences filmées dans l’atelier de La Guide à Yssingeaux. La plupart des visages sont familiers. Une sirène retentit et voilà quatre ouvrières et quatre postes de travail. Les gestes deviennent mécaniques.

« A plates coutures » parle de quatre femmes : la forte, solide comme la roche est déléguée syndicale. Il y a aussi la fragile, la décomplexée, limite dévergondée et l’ouvrière rangée. Un patchwork de personnalités et de vies différentes qui traversent la même tourmente.

Avec ses moments de dépits, de colères mais aussi de purs délires, de joie comme dans la parodie de « Désenchantée » de Mylène Farmer. Le jeu change de registre et laisse l’intime pour aborder le collectif dès lors qu’un homme tout de rouge vêtu pose le pied sur les planches avec ses façons politiques de voir les choses. Dans son texte inspiré de collectes de paroles d’ouvrières, Carole Thibault, met en lumière les turbulences personnelles qui peuvent créer une lutte pour conserver un emploi. Dans sa mise en scène Claudine Van Beneden humanise les emplois qui partent en fumée en des trous béants.