Déclaration de la fédération Thc Cgt concernant le Bengladesh

Arrêtons l’inacceptable dans les usines textile du Bengladesh et d’ailleurs

Les salariés du Bengladesh ensevelis dans l’effondrement de leur atelier ont été les victimes de la stratégie des groupes et des marques qui visent à baisser encore et toujours plus les coûts salariaux pour faire des profits maximums.

En effet, cette usine et ces ateliers étaient sous-traitants, en partie, de grandes marques françaises. Le bilan actuel est de 1.127 morts, la responsabilité de la grande distribution et des marques est donc pleinement engagée, elles doivent rendre des comptes à la société, aux victimes, aux familles ! Vétusté, exploitation maximum, humiliation des salariés, conditions de travail épouvantables, salaires de misère, c’est là le lot imposé aux salariés du Bengladesh et de toutes les terres de délocalisation où l’exploitation fait rage.

La fédération Textile Habillement Cuir Cgt a pointé ces problèmes et les combat depuis des lustres. Ce type de catastrophe se répète dans le textile, la chimie et dans d’autres branches sans que l’opinion publique internationale s’en saisisse vraiment. Dans ces pays, les salariés du textile continuent de travailler entre 60 et 100 heures par semaine pour un salaire horaire de 50 centimes d’euro. Ces ateliers voyous sont connus, ils se multiplient sous la pression du profit et des industriels qui usent de la sous-traitance en cascade. Il suffit de rappeler les drames récents de Rana Plaza à Savar ou de l’usine textile de Tazreen Fashion ou 111 ouvriers ont péri dans l’incendie près de Dacca. Au total au Bengladesh et au Pakistan, des centaines de travailleurs sont morts dans 245 incendies entre 2010 et 2013.

On croit rêver quand on sait que la police a réprimé, à coups de matraque, les manifestants du pays qui protestaient contre les responsables de ce drame.

La course à la mondialisation nourrit cette exploitation impensable. Rappelons que le coût horaire au Bengladesh est un des plus bas du monde, loin derrière l’Europe, les pays d’Afrique du Nord et même la Chine. Jusqu’où comme cela et jusqu’à quand ?

Va-t-on continuer longtemps encore à laisser la grande distribution, les Auchan, Camaïeu, Pimkie, Casino, C & A, Go Sport, Decathlon et autres mettre en rayon des produits textiles qui sentent la mort ?

La fédération Thc Cgt a été la première dans l’industrie à lutter contre les délocalisations, l’exploitation des enfants et des prisonniers en Asie et partout dans le monde. Les consommateurs doivent aussi être interpellés, car en effet, comment ignorer que derrière un tee-shirt à 3 euros se cachent des drames humains ?

La fédération Thc Cgt apporte tout son soutien aux salariés du textile de ces pays, elle demande le respect des conventions de l’OIT et la condamnation exemplaire des vrais responsables de ces drames.

Montreuil, le 16 mai 2013.